Création d’entreprise : les prêts pour financer son projet

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L’aventure entrepreneuriale de n’importe quel créateur ou repreneur d’entreprise repose bien évidemment sur le financement, en particulier lors des premiers mois ou années de vie. S’il existe un certain nombre d’aides à la création d’entreprise, comme l’ACRE, qui permet une exonération partielle des charges sociales, l’ARCE, pour les créateurs au chômage qui veulent investir leur allocation dans leur activité, ou le dispositif NACRE, qui guide entre autres les entrepreneurs dans leur recherche de financement, il peut s’avérer indispensable de souscrire un prêt pour mener à bien son projet. À ce titre, diverses solutions sont accessibles, à commencer par les traditionnels emprunts que font de nombreuses entreprises. Mais qu’en est-il du prêt d’honneur, du prêt participatif et du prêt à taux bonifié ? Quelles sont leurs spécificités et sont-ils appropriés dans le cadre d’une création d’entreprise ?

Pour vous permettre d’y voir plus clair, faisons un état des lieux de ces 3 prêts auxquels peuvent prétendre les créateurs et repreneurs d’entreprise, et abordons les erreurs courantes à éviter lors de toute demande.

Création d’entreprise : le financement par prêt d’honneur

Alors que de nombreuses aides et dispositifs existent pour soutenir les entrepreneurs dans leur quête de capital, le prêt d’honneur se distingue particulièrement pour sa spécificité et son adaptabilité. Explications.

Définition et principes du prêt d’honneur

Le prêt d’honneur est un crédit accordé directement à l’entrepreneur, qui n’exige aucune garantie ni caution personnelle, soit une aubaine pour de nombreux créateurs d’entreprises en recherche de financement initial. Ce type de prêt est généralement accordé sur la base de la capacité de l’entrepreneur à mener à bien son projet, même s’il reste nécessaire de présenter un business plan solide pour convaincre l’organisme compétent de l’octroyer.

En d’autres termes, contrairement aux prêts bancaires traditionnels, qui nécessitent le plus souvent des garanties ou des cautions, le prêt d’honneur, comme son nom l’indique, est accordé sur l’honneur.

Le montant du prêt d’honneur

Le montant d’un prêt d’honneur varie généralement en fonction des besoins spécifiques du projet et de l’organisme qui le propose. Des acteurs tels que Initiative France et Réseau Entreprendre jouent un rôle majeur dans l’octroi de ces prêts, tout en offrant un accompagnement précieux aux entrepreneurs. Ces derniers bénéficient non seulement de conseils pour la mise en place et le développement de leur projet, mais aussi d’un suivi post-création, essentiel pour assurer la pérennité de l’activité.

Toutefois, en règle générale, ces prêts varient de 3 000 à 50 000 € (ou 90 000 € pour les projets les plus innovants). À noter que d’après Bpifrance, le montant moyen des prêts d’honneur accordés est de 29 000 €.

Signalons enfin que le taux de ces prêts d’honneur est souvent très avantageux, voire nul, ce qui en fait une option particulièrement attrayante pour les créateurs et repreneurs d’entreprise. De plus, ce type de prêt peut parfaitement compléter d’autres formes de financements, qu’il s’agisse d’autres prêts, de subventions, etc.

L’importance d’un bon dossier pour une demande de prêt d’honneur

Néanmoins, si le prêt d’honneur offre de nombreux avantages, il ne faut pas négliger l’importance d’un dossier solide. La confiance est certes le maître-mot, mais la concrétisation de cette confiance passe par un projet bien structuré, une étude de marché pertinente et une stratégie de développement clairement définie.

Demander un prêt d’honneur spécifique

Contrairement aux idées reçues, il n’existe pas qu’une seule forme de prêt d’honneur. Au contraire, certains prêts d’honneur spécifiques, à taux zéro, peuvent être octroyés en complément dans des cas bien particuliers :

  • le prêt d’honneur solidaire, qui s’adresse à certains profils d’entrepreneurs (bénéficiaire de l’ARE, demandeur d’emploi non indemnisé, bénéficiaire du RSA, etc.) ;
  • le prêt d’honneur création-reprise, pour tous les porteurs de projets qui bénéficient d’un prêt d’honneur, qui sont actionnaires de leur entreprise, et qui ne sont pas inscrits au fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers ;
  • le prêt d’honneur renfort, pour toutes les jeunes entreprises créées avant le 01/03/2020 et de moins de 5 ans qui ont besoin de renforcer leurs fonds propres, à condition que l’entrepreneur ait préalablement bénéficié d’un financement ou d’une garantie par un réseau du financement de la création (prêt d’honneur, garantie France Active, micro-crédit Adie, prêt Résistance, prêt Résilience) entre le 01/01/2016 et le 31/12/2020).

Pour aller plus loin dans votre démarche et potentiellement profiter d’un prêt d’honneur spécifique, vous pouvez vous adresser aux réseaux suivants :

  • Adie ;
  • France Active ;
  • Initiative France ;
  • Réseau Entreprendre.

Créer son entreprise avec le nouveau prêt participatif soutenu par l’État (PPR)

La création d’entreprise représente un levier majeur de dynamisation économique et d’emploi. Mais pour bon nombre d’entrepreneurs, démarrer une activité nécessite de trouver des moyens financiers adaptés. Si certains dispositifs, comme le prêt d’honneur, sont couramment sollicités, le nouveau prêt participatif soutenu par l’État, dit aussi prêt participatif Relance ou PPR, émerge comme une solution judicieuse pour financer un projet entrepreneurial. On vous explique tout.

Définition et principes du PPR

Le prêt participatif Relance (PPR) est un dispositif clé pour les entreprises françaises et sert véritablement de pilier au service de la relance économique. Destiné aux entrepreneurs qui ont des projets de développement ambitieux, il vise à renforcer leur solvabilité, surtout depuis la crise du COVID. Ce prêt est donc une solution majeure pour les sociétés fragilisées ou en cours de création, puisqu’il garantit un financement solide entre capital propre et dette bancaire, sans dilution.

Distribué par les établissements de crédit et soutenu par une garantie d’État, le PPR est conçu pour financer, sur le long terme, des investissements visant la modernisation de l’activité, que ce soit la mise à jour de l’outil de production, la recherche en R&D, ou le développement via une transition numérique et énergétique. Il soutient aussi la croissance des entreprises en France et à l’international.

Ce dispositif est notamment une aubaine pour les entrepreneurs et créateurs qui n’ont pas accès aux instruments de marché. Il favorise également ceux qui ne désirent pas modifier la gouvernance de leur société, le tout à un taux attractif.

Les bénéficiaires du nouveau prêt participatif soutenu par l’État

Seules les petites et moyennes entreprises (PME) ainsi que les entreprises de taille intermédiaire (ETI) peuvent bénéficier du PPR, à condition qu’elles aient des projets de développement. De même, les sociétés qui en font la demande doivent avoir un potentiel solide, tout en ayant vu leur structure affaiblie par la crise.

Attention, le PPR est spécifiquement destiné aux entreprises pérennes, qui affichent un chiffre d’affaires minimum de 2 millions d’euros et qui ont pour projet de renforcer leur business en se développant.

Les modalités d’accès au prêt participatif Relance

Pour bénéficier du prêt participatif Relance, soutenu par l’État, le dossier de demande de l’entreprise doit inclure un certain nombre d’éléments. Il s’agit entre autres :

  • d’une étude approfondie du potentiel de rebond et de développement de l’entreprise ;
  • d’un éclairage précis sur le projet d’investissement et ses aboutissements ;
  • d’une projection financière et opérationnelle à long terme qui souligne l’impact positif des investissements.

N’oubliez pas que ces prêts ne sont pas des prêts d’État. Au contraire, ils sont distribués par les réseaux bancaires traditionnels ou d’autres sociétés de financement.

Pour finir, gardez à l’esprit que le dispositif lié au PPR est d’ores et déjà annoncé comme prenant fin au 31 décembre 2023. En d’autres termes, au-delà de cette date, le prêt participatif Relance ne pourra plus être sollicité.

Financer la création de son entreprise avec le prêt à taux bonifié Résilience

La France est un pays définitivement reconnu pour son soutien à l’entrepreneuriat, avec une variété de dispositifs destinés à accompagner les créateurs d’entreprises dans la concrétisation de leur projet. Et c’est particulièrement le cas depuis la crise du COVID et le conflit Ukraine/Russie, qui ont tous deux considérablement fragilisé l’économie française. Alors, en plus du prêt d’honneur et du prêt participatif Relance, une autre alternative de l’État séduit de nombreux entrepreneurs : le prêt à taux bonifié. Découvrons-le ensemble.

Qu’est-ce que le prêt à taux bonifié Résilience ?

Initialement conçu pour appuyer les entreprises, notamment les PME et ETI touchées par la crise sanitaire du COVID, le dispositif du Prêt garanti par l’État (PGE) s’est adapté avec le prêt à taux bonifié Résilience. Ce nouveau dispositif vise en effet à financer les sociétés sérieusement affectées par les retombées du conflit en Ukraine, que ce soit à cause :

  • de l’augmentation du coût des matières premières ;
  • des défis liés aux approvisionnements ;
  • de la suspension des paiements venant de Russie ou d’Ukraine ;
  • de la perte de projets commerciaux liée aux sanctions internationales.

Ces prêts, garantis par l’État, sont des dispositifs particulièrement judicieux pour les entreprises qui n’ont pas pu obtenir d’autres financements auprès de leur banque. Ils peuvent être destinés à leurs besoins en investissement ou tout simplement pour leur fonds de roulement.

Les entreprises bénéficiaires du prêt à taux bonifié Résilience

Pour bénéficier du prêt à taux bonifié Résilience, il est bien évidemment nécessaire de respecter quelques critères d’éligibilité.

En ce qui concerne les petites et moyennes entreprises (PME), celles-ci doivent par exemple avoir un effectif maximum de 250 personnes. De même, l’une de ces situations doit s’appliquer à leur cas : le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 50 millions d’euros, ou le total du bilan est inférieur à 43 millions d’euros.

Pour les entreprises de taille intermédiaire (ETI), ces critères diffèrent. Elles doivent ainsi :

  • avoir entre 250 et 4 999 salariés ;
  • présenter un chiffre d’affaires annuel ne dépassant pas 1,5 milliard d’euros ou un total de bilan inférieur à 2 milliards d’euros.

À noter que si une société compte moins de 250 salariés, tout en affichant un chiffre d’affaires ou un bilan supérieur aux conditions énoncées ci-dessus, elle est malgré tout considérée comme une ETI.

Sachez que 3 autres conditions sont requises dans tous les cas. Effectivement, l’entreprise :

  • ne doit pas avoir obtenu un prêt garanti par l’État (PGE) suffisant pour redresser sa situation ;
  • doit présenter de réelles perspectives de développement ;
  • ne doit pas être en procédure collective d’insolvabilité, à moins qu’elle bénéficie d’un plan de sauvegarde ou de redressement.

Le positionnement économique et industriel de l’entreprise est également pris en compte. Cela comprend son importance stratégique, son potentiel savoir-faire, sa position dans la chaîne de valeur et son rôle sur le marché de l’emploi local.

Les formalités d’accès au prêt à taux bonifié Résilience

Le montant du prêt à taux bonifié Résilience étant intrinsèquement lié au chiffre d’affaires annuel total moyen, il est nécessaire de s’adresser directement aux organismes compétents pour faire une étude plus approfondie. À ce titre, les entreprises intéressées doivent saisir le comité départemental d’examen des problèmes de financement des entreprises (CODEFI). Pour cela, elles doivent se rapprocher dans un premier temps du commissaire aux restructurations et à la prévention des difficultés des entreprises (CRP) dont elles dépendent.

Notons que ce dispositif est ouvert jusqu’au 31 décembre 2023. Pour le moment, aucune information n’a été donnée quant à une éventuelle prolongation.

Les erreurs courantes à éviter lors d’une demande de prêt

Si les prêts aidés offrent des opportunités non négligeables, certaines erreurs courantes entravent leur obtention. Il est donc essentiel d’en avoir conscience pour maximiser ses chances de succès.

L’un des premiers écueils réside sans aucun doute dans la préparation du dossier de demande. En effet, la précision est de mise pour tout projet qui cherche un financement. Des projections financières mal ficelées ou un business plan incomplet peuvent susciter de sérieux doutes quant à la viabilité de l’entreprise. Pour cette raison, une recherche approfondie et une mise en perspective réaliste des chiffres sont essentielles.

De même, l’absence d’un accompagnement professionnel est une autre erreur courante. De nombreuses structures, à l’instar d’Agence Juridique, proposent des services de conseil pour guider les entrepreneurs dans la constitution de leur dossier et les orienter vers les dispositifs les plus adaptés à leur projet. En omettant de les solliciter, l’entrepreneur se prive d’une expertise précieuse susceptible d’enrichir sa demande.

Par ailleurs, certains créateurs d’entreprises commettent l’erreur de ne pas diversifier leurs sources de financement. Or, se reposer uniquement sur les prêts aidés peut s’avérer risqué. Une stratégie financière robuste envisage toujours plusieurs canaux de financement, qu’il s’agisse de subventions, d’apports en capital ou de concours dédiés.

Bien entendu, la méconnaissance des implications contractuelles est une autre source d’erreurs. Après tout, chaque prêt dispose de modalités spécifiques (taux d’intérêt, périodes de remboursement, conditions de mise en œuvre du projet). Ne pas s’y conformer pourrait entraîner des sanctions ou la révocation du financement.

Enfin, les entrepreneurs doivent éviter de sous-estimer le montant nécessaire pour la mise en place et le développement de leur activité. Demander un montant trop faible, en espérant maximiser ses chances d’obtention, peut conduire à un manque de trésorerie en cours de route et ainsi mettre l’entreprise en péril.

Vous l’aurez compris, le financement est l’épine dorsale de tout projet entrepreneurial, et bien que la France offre une multitude d’opportunités en matière de prêts aidés pour soutenir la création d’entreprises, s’y retrouver dans cet univers requiert rigueur, préparation et connaissance. Les entrepreneurs doivent non seulement comprendre les subtilités des différents dispositifs disponibles, mais aussi être conscients des pièges potentiels pour maximiser leurs chances d’obtention et de réussite.

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