Est-il possible de cumuler ARE et ARCE ?

Table des matières

Se lancer dans la création d’une entreprise est toujours un projet ambitieux. Mais cela peut sembler encore plus complexe pour les demandeurs d’emploi, notamment à cause des problématiques financières qui prennent une place centrale. Si vous êtes dans cette situation, vous savez probablement que les aides à la création telles que l’ARE (allocation d’aide au retour à l’emploi) ou l’ARCE (aide à la reprise ou à la création d’entreprise) peuvent vous apporter un soutien financier conséquent.

Mais, est-il possible de cumuler ces deux dispositifs ? Et surtout, comment faire les bons choix ?

Cumuler ARE et ARCE : est-ce possible ?

En premier lieu, sachez que l’ARE et l’ARCE ne peuvent être cumulés. En tant que demandeur, vous devez obligatoirement opter pour l’un ou pour l’autre. Or, en choisissant l’ARCE, vous renoncez à la suite de vos allocations ARE pour vous consacrer pleinement à votre projet d’entreprise. En d’autres termes, cette décision doit être mûrement réfléchie, car une fois l’ARCE acceptée, vous ne pourrez plus revenir en arrière.

Bon à savoir : Vous pouvez cumuler l’ARCE ou l’ARE avec l’ACRE (anciennement ACCRE), un dispositif d’exonération des charges sociales durant la première année d’activité.

Comment choisir entre ARE ou ARCE ?

Choisir entre l’ARE et l’ARCE doit résulter d’une analyse approfondie de votre situation personnelle, de vos besoins en capital, et des prévisions de revenus de votre entreprise. Dans tous les cas, gardez à l’esprit que votre décision aura un impact considérable sur le montant et la durée de votre indemnisation chômage.

L’ARE ou allocation de retour à l’emploi

L’ARE, ou l’allocation d’aide au retour à l’emploi, représente une aide financière essentielle pour les demandeurs d’emploi. Ce revenu de remplacement versé par Pôle emploi joue effectivement un rôle pivot dans le maintien d’une certaine stabilité financière après la perte d’un travail. Cette allocation vise à compenser la baisse de rémunération due à la situation de chômage, ajustée selon des critères tels que l’âge, le salaire antérieur et, pour les entrepreneurs, le montant du chiffre d’affaires.

Côté montant, Pôle emploi calcule votre ARE en déterminant votre salaire journalier de référence (SJR) basé sur vos revenus bruts des 12 mois précédents. L’allocation est alors calculée via deux méthodes : à 57 % de votre salaire journalier de référence, ou à 40,4 % de votre salaire journalier de référence, auquel est additionné 12,47 €. Le montant le plus élevé est retenu pour mieux s’adapter à votre situation financière. Cependant, quoi qu’il arrive, l’allocation d’aide au retour à l’emploi ne peut pas excéder 75 % du SJR, tout comme elle est dotée d’un plancher minimal de 30,42 €.

Il est évident que pour les entrepreneurs qui créent une auto-entreprise, il est possible de cumuler l’ARE avec les revenus générés par cette activité, à condition de déclarer le chiffre d’affaires à Pôle emploi.

L’ARCE, un capital pour débuter son auto-entreprise

L’ARCE est un dispositif qui fait véritablement office de boussole financière pour les demandeurs d’emploi désireux de devenir entrepreneurs. Alors que l’ARE est un revenu mensuel pour les personnes au chômage, l’ARCE en est une déclinaison ingénieuse, qui offre un capital de départ plus ou moins conséquent pour les projets de création ou de reprise d’entreprise.

Depuis le 1ᵉʳ juillet 2023, ce sont 60 % des droits à l’ARE qui peuvent être convertis en capital ARCE, contre 45 % auparavant. Prenons un exemple : un entrepreneur a des droits ARE de 1 000 euros mensuels sur une durée de deux ans, soit 24 000 €. Avec l’ARCE, il peut obtenir 14 400 €, divisés en deux versements (une première moitié au démarrage de l’activité et la seconde après six mois) de 7 200 €, soit une somme conséquente à injecter dans une trésorerie de démarrage et de mi-parcours.

Peut-on bénéficier à nouveau de l’ARE après avoir perçu l’ARCE ?

Vous vous êtes lancé dans un projet entrepreneurial et vous avez opté pour l’ARCE, mais vous vous demandez à présent si votre retour au statut de demandeur d’emploi vous permet de bénéficier à nouveau de l’ARE ?

Sachez en premier lieu que si vous mettez un terme à votre activité, société ou auto-entreprise, vous pouvez tout à fait bénéficier à nouveau de l’ARE, mais sous certaines conditions uniquement.

Pour commencer, il est impératif de vous réinscrire comme demandeur d’emploi, et ce, dans les 3 ans qui suivent votre inscription initiale à Pôle emploi. Attention, ce délai est strict, et une fois écoulé, vos droits à l’ARE sont définitivement perdus. Il est également important de noter que le montant de votre allocation est ajusté, en déduisant la somme déjà reçue au titre de l’ARCE.

Bon à savoir : Depuis juillet 2021, et uniquement dans certains cas spécifiques, une mesure permet la reprise de l’ARE après le second versement de l’ARCE. N’hésitez pas à contacter votre agence Pôle emploi afin de savoir si les critères requis pour ce dispositif s’appliquent à votre situation.

Que choisir : maintenir l’ARE ou percevoir l’ARCE ?

À ce stade de votre lecture, vous vous demandez sans doute que choisir entre le maintien de l’ARE ou le versement de l’ARCE. Et c’est une réflexion d’autant plus pertinente que chaque option a des implications significatives sur la gestion de votre revenu, le développement de votre projet d’entreprise et la durée de vos droits d’indemnisation au chômage.

Un revenu continu ou un capital important ?

Soyez conscients que si vous choisissez l’ARE, vous optez pour un revenu continu. Ce maintien vous permet de bénéficier d’une rémunération mensuelle, à savoir une sécurité non négligeable pour un grand nombre de demandeurs d’emploi qui se lancent dans l’aventure entrepreneuriale. Concrètement, c’est sans doute l’alternative la plus prudente pour tous ceux qui préfèrent éviter de se retrouver sans revenu si l’activité de l’entreprise ne décolle pas immédiatement.

À l’inverse, l’ARCE propose un versement de capital en deux fois, qui peut s’avérer être un levier puissant pour concrétiser un projet de création d’entreprise. Après tout, recevoir 60 % de vos droits à l’ARE peut vous fournir la trésorerie nécessaire pour des investissements de départ incontournables (achat d’équipements, financement du stock, etc.).

L’impact sur le cumul des revenus

Prenez aussi en considération que l’ARE permet de cumuler une partie de vos allocations avec les revenus issus de votre activité d’entrepreneur. Cependant, le montant perçu est inversement proportionnel à votre chiffre d’affaires : plus vous gagnez d’argent avec votre entreprise, moins vous percevez d’aide. À l’opposé, l’ARCE vous assure de percevoir un montant fixe sans considérer vos revenus d’activité. Grâce à lui, vous pouvez vous focaliser pleinement sur le développement de votre entreprise, sans la pression immédiate de générer un revenu.

 

Vous l’aurez compris, choisir entre le maintien de l’ARE ou le versement de l’ARCE n’est pas une décision qui doit être prise à la légère. Il est crucial de bien évaluer la nature de votre projet entrepreneurial, ainsi que vos besoins en fonds de démarrage. Pensez également à votre capacité à générer un chiffre d’affaires rapidement, de même qu’à la durée pendant laquelle vous pourriez avoir besoin d’un soutien financier.

Ces guides peuvent vous intéresser :

FAQ : Vos questions les plus fréquentes

Pour aller plus loin dans votre étude du cumul de l’ARE et de l’ARCE, faites un tour des questions les plus fréquemment posées par les entrepreneurs.

No results!
  • L'ACRE (aide aux créateurs et repreneurs d'entreprise) influence-t-elle le calcul de mes allocations chômage si je crée mon entreprise ?

    L’ACRE étant uniquement une exonération totale ou partielle de vos cotisations sociales durant votre première année d'activité, celle-ci n’a aucune incidence sur le calcul de vos allocations chômage.

  • Quel est l'impact du statut de micro-entrepreneur sur mon droit aux allocations chômage ?

    Votre statut de micro-entrepreneur peut affecter votre droit aux allocations chômage, puisque le calcul de l'ARE tient compte des revenus issus de votre activité. Plus vous déclarez de chiffres d'affaires avec votre auto-entreprise, plus vos droits diminuent.

  • Comment calculer l'ARCE versée si je suis en situation de chômage et que je veux devenir auto-entrepreneur ?

    Si vous souhaitez devenir auto-entrepreneur et bénéficier du versement de l'ARCE, sachez que le montant de celle-ci équivaut à 60 % de votre droit global aux allocations chômage. Par exemple, si vous deviez toucher 800 € par mois sur 2 ans, votre l’ARCE est de 11 520 €, versée en deux paiements de 5 760 € chacun.

  • Quelles démarches dois-je suivre pour convertir mes allocations chômage en ARCE si je deviens auto-entrepreneur ?

    Pour convertir vos allocations chômage en ARCE en tant que créateur d'une micro-entreprise, vous devez d'abord vous assurer d'être éligible à l'ACRE (ex-ACCRE). Ensuite, après avoir déclaré votre début d'activité, il vous suffit de déposer une demande d’ARCE auprès de votre conseiller Pôle emploi habituel.

  • Si mon projet entrepreneurial échoue, est-ce que je conserve mon droit à l'assurance chômage après avoir bénéficié de l'ARCE ?

    Vous craignez que votre projet d’entreprise échoue après avoir bénéficié de l’ARCE ? Pas de panique, vous pourrez toujours percevoir le montant non versé de vos droits ARE. Toutefois, vous devrez pour cela réactiver votre statut de demandeur d'emploi.

Agence Juridique est une plateforme de services juridiques en ligne qui offre à tous les entrepreneurs – quelle que soit la taille de leur entreprise – de gérer l’ensemble de leurs démarches administratives, juridiques et comptables.

Inscription newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir en exclusivité nos derniers conseils pour les entrepreneurs et tout savoir sur l’actualité juridique des entreprises.

Copyright 2017 - 2023 : Agence Juridique