Comment préparer la transmission de son entreprise ?

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Préparer la transmission de son entreprise est avant tout une histoire d'anticipation, entre le diagnostic de la société, l’évaluation patrimoniale, le choix du repreneur, l’optimisation fiscale via le dispositif Dutreil ou la donation, et l’accompagnement par des experts. Il faut ainsi compter 3 à 5 ans de préparation pour sécuriser le prix, protéger les héritiers et éviter les mauvaises surprises fiscales le jour de la cession.

La transmission d’entreprise, c’est un peu comme la retraite. Les entrepreneurs concernés savent qu’il faudra s’y coller un jour, mais personne n’a vraiment envie d’y penser maintenant. Sauf qu’en fonction de votre âge ou de votre situation, plus vous repoussez l’échéance, plus la note fiscale et le stress sont susceptibles de grimper. Si vous avez bâti votre société pierre par pierre, vous n’avez certainement pas envie de la voir partir en fumée après votre départ. De ce fait, autant anticiper et savoir où vous allez pour ne pas gâcher toutes ces années de labeur.

Pourquoi anticiper la transmission de votre entreprise ?

Il n’y a pas vraiment de réponse universelle à cette question, mais les entrepreneurs les plus chevronnés vous diront sans aucun doute que l’anticipation est la clé de toute stratégie de transmission réussie.

D’ailleurs, selon une étude Bpifrance Le Lab publiée en novembre 2025, 40 % des dirigeants de TPE-PME auraient l’intention de transmettre leur société d’ici 2030, ce qui représente environ 370 000 entreprises. Le hic ? Une grande majorité de ces chefs d’entreprise n’ont pas encore concrètement réfléchi au processus. C’est dans ce contexte qu’on en arrive à des transmissions bâclées, des repreneurs qui se découragent et, surtout, des droits fiscaux qui explosent faute d’organisation en amont.

En anticipant, vous vous donnez le temps de réaliser un diagnostic complet de votre activité, de travailler sur son évaluation et de choisir la meilleure option de transmission selon votre situation personnelle ou familiale. En bref, au lieu de subir, vous pilotez.

Le diagnostic, point de départ de toute transmission

Avant de parler cession, titres ou pacte d’actionnaires, il faut déjà faire un état des lieux. Or, un bon diagnostic couvre plusieurs volets imbriqués :

  • le diagnostic financier (rentabilité, dette, actifs, trésorerie).
  • le diagnostic juridique (structure de la société, statuts, éventuels litiges).
  • le diagnostic humain (dépendance de l’entreprise à votre personne, car si tout repose sur vous, un repreneur aura peur).
  • le diagnostic patrimonial (quelle place occupe l’entreprise dans votre patrimoine global).

L’intégralité de ce diagnostic sert de base à votre évaluation et vous permet d’identifier les axes d’amélioration avant la mise en vente de l’entreprise. Attention néanmoins, un accompagnement par des experts-comptables ou des avocats spécialisés en transmission est vivement recommandé à ce stade. Ces différents interlocuteurs ont en effet l’œil pour repérer ce que vous, en tant que dirigeant impliqué au quotidien, ne voyez plus.

Évaluer l’entreprise sans vous voiler la face

L’étape de l’évaluation de la société est celle où beaucoup de chefs d’entreprise perdent un peu les pédales émotionnellement. Effectivement, ils ont tendance à surestimer la valeur de ce qu’ils ont construit eux-mêmes, ce qui est humain. Pourtant, une évaluation réaliste et basée sur des méthodes reconnues (multiples de résultat, actualisation des flux financiers, comparables sectoriels) est indispensable pour attirer de vrais repreneurs et éviter de faire capoter toute l’opération.

C’est aussi lors de l’évaluation que vous conditionnez votre stratégie fiscale, puisque la valorisation des titres impactera directement le montant de l’imposition sur la plus-value en cas de vente, ou les droits de donation en cas de transmission familiale.

Choisir la bonne voie de transmission n’est pas si simple

Vous vous en doutez, il n’existe pas qu’une seule façon de transmettre une entreprise, mais bien plusieurs options à adapter à votre situation.

La transmission familiale

Transmettre à ses enfants ou à ses héritiers reste une option privilégiée par de nombreux dirigeants. Mais si elle permet de conserver l’esprit de l’entreprise, elle suppose aussi une vraie réflexion sur la capacité et l’envie des enfants à reprendre le flambeau (parce que, oui, tout le monde ne rêve pas de reprendre l’entreprise familiale).

La cession aux salariés

Céder l’entreprise à un ou plusieurs salariés clés est une option de plus en plus courante. Elle a en plus le mérite de rassurer les équipes, les clients et les partenaires financiers, puisque la continuité opérationnelle est assurée par des personnes qui connaissent déjà tout ce qu’il y a à savoir de la société.

La cession à un repreneur externe

Vendre à un repreneur externe (personne physique ou groupe) permet d’aller plus vite et de potentiellement obtenir un meilleur prix. Mais cette solution exige également un processus de vente beaucoup plus structuré, entre la recherche desdits repreneurs, la négociation, les audits d’acquisition, etc.

Une chose est sûre, quelle que soit l’option retenue parmi ces trois possibilités, un accompagnement par des experts en fusion-acquisition ou en transmission-reprise est capital pour sécuriser l’opération.

Selon une étude Infogreffe / réseau des Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI), publiée le 13 juin 2025 et relayée par Transmettre et Réussir, 37 000 transmissions d’entreprises auraient été enregistrées en France sur les douze mois précédents, soit une hausse de 15 % par rapport à 2024.

Optimiser la fiscalité de la transmission

Inutile de se mentir, quand on parle de transmission, la fiscalité reste le nerf de la guerre pour beaucoup d’entrepreneurs. Et c’est compréhensible, parce que personne n’a envie de voir 30 ans de travail être rognés par les impôts.

Heureusement, plusieurs dispositifs peuvent être enclenchés pour apporter quelques avantages non négligeables à cette procédure.

Je pense notamment au pacte Dutreil, LE dispositif fiscal à connaître pour toute transmission d’entreprise à titre gratuit (donation ou succession). Il permet en effet de bénéficier d’un abattement de 75 % sur la valeur des titres transmis, sous réserve de respecter certains engagements de conservation. C’est une option très puissante pour réduire les droits de mutation, à condition de bien organiser l’opération en amont avec un fiscaliste.

Il y a également la donation, notamment la donation-partage, qui permet de transmettre une partie de son patrimoine de son vivant, souvent avec des abattements renouvelables tous les 15 ans. Combiné au pacte Dutreil, elle peut considérablement réduire l’imposition finale.

Enfin, il ne faut pas oublier qu’en cas de vente classique (cession pure et simple), la fiscalité porte sur la plus-value réalisée. Or, là encore, plusieurs options existent pour alléger la note, comme l’abattement pour durée de détention, l’apport-cession, etc.

Petit conseil d’ami : ne vous lancez jamais seul dans ces montages, car les enjeux fiscaux et juridiques sont beaucoup trop complexes pour improviser. Je le répète très souvent dans mes articles, mais une fois de plus, un bon accompagnement (par un notaire, un avocat fiscaliste ou un expert-comptable) vaut largement son coût au regard des économies potentielles réalisées.

Bien organiser le calendrier et le processus

Transmettre son entreprise n’est pas un sprint. Au contraire, c’est plutôt un marathon. Il faut en effet compter entre 3 et 5 ans pour préparer sereinement l’opération, de la première réflexion stratégique à la signature finale.

Vous vous dites peut-être que c’est très long, mais dans les faits, ce délai est nécessaire pour :

  • redresser certains indicateurs financiers si besoin est ;
  • former ou tester un repreneur potentiel, qu’il soit interne ou externe ;
  • mettre en place les dispositifs fiscaux pertinents dans les temps (par exemple, le pacte Dutreil exige des engagements pris en amont) ;
  • préparer les héritiers ou la famille sur le plan patrimonial et/ou psychologique.

Mieux vaut donc établir un plan de transition parfaitement clair, avec des jalons précis qui rassurent tout le monde (repreneurs, salariés, banques, etc.).

Ne jamais négliger l’aspect humain de la transition

Lorsque la discussion tourne autour de la transmission d’une entreprise, on a tous tendance à beaucoup parler de chiffres, d’actifs et de fiscalité. Au final, on oublie un peu trop que c’est également une aventure humaine.

Quand vous transmettez votre activité, vous quittez un rôle que vous occupez peut-être depuis plusieurs décennies. Le repreneur, quant à lui, doit gagner la confiance des équipes, des clients et des fournisseurs. Ce n’est pas parce que vous l’avez choisi et que la confiance vous était acquise que ce sera le cas pour lui. Sauf situations exceptionnelles, le nouveau dirigeant doit faire ses preuves.

À ce titre, prévoyez une vraie période de transition, durant laquelle vous accompagnez le repreneur sans pour autant lui souffler dans les oreilles en permanence.

 

En bref, peu importe vos choix et votre situation, préparer la transmission de votre entreprise va vous demander du temps, de la méthode et probablement un bon accompagnement par des experts. Du diagnostic à l’évaluation, en passant par le choix du repreneur et l’optimisation fiscale, toutes les étapes susmentionnées sont importantes pour protéger votre patrimoine et celui de vos héritiers. Parce que vous avez probablement mis des années à construire votre entreprise, offrez-lui (et offrez-vous, par la même occasion) une sortie à la hauteur de ce travail.

FAQ — Les questions fréquemment posées

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Ludivine RETOURNÉ
Entrepreneuse depuis 2007, je baigne depuis 18 ans dans le marketing digital (storytelling, copywriting, rédaction) et le référencement. Mais c’est en travaillant de nombreuses années pour des professionnels de la création d'entreprise que je suis devenue, sans m'en rendre compte, une encyclopédie de l'entrepreneuriat. Sur ce blog, je partage avec vous mes conseils et astuces, mais aussi mes observations, pour développer votre activité sans vous prendre la tête ! Retrouvez-moi sur Linkedin

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