Pourquoi la cybersécurité concerne aussi les petites entreprises ?

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Aucune entreprise n'est trop petite au point de ne pas intéresser un hacker. En France, près d'une victime de rançongiciel sur deux est une PME, une TPE ou une ETI. Parce que contre toute attente, les cybercriminels ne regardent pas la taille de votre entreprise, mais sa vulnérabilité. Or, c'est souvent là que le bât blesse.

Quand on dirige une petite structure, on a tendance à penser à la cybersécurité en dernier. Il faut dire qu’entre les clients, la trésorerie et les mille urgences du quotidien, se soucier de son pare-feu ne fait pas vraiment partie des priorités. Et pourtant ! Les chiffres sont sans appel. Les petites entreprises françaises sont en effet devenues la cible numéro un des cybercriminels. Pas besoin d’avoir de l’or dans ses serveurs ! Des données très basiques suffisent à les intéresser.

« Je suis trop petit pour intéresser un pirate », un mythe qui coûte cher

Si vous traînez vos guêtres avec des entrepreneurs, vous avez sans doute déjà entendu cette phrase. Beaucoup se la répète pour se rassurer, sauf qu’elle est fausse et les chiffres de l’ANSSI le confirment noir sur blanc.

En France, les PME, TPE et ETI représentent près de la moitié des victimes de rançongiciels traitées par l’agence, devant les collectivités, les hôpitaux et tout le monde globalement.

Et la raison est plutôt simple.

Pour un cybercriminel, une petite entreprise représente un rendement rapide pour un effort minimal. Là où les grands groupes ont des équipes dédiées, des systèmes blindés et des budgets consacrés à la sécurité informatique, une petite entreprise, elle, se limite souvent à un antivirus (parfois même gratuit) et de la bonne volonté. Les attaquants ne choisissent donc pas leurs cibles au hasard. Ils visent les maillons faibles dans l’écosystème numérique tout entier.

Quelles cybermenaces pèsent vraiment sur les petites structures ?

Les menaces qui touchent ces petites entreprises ne sont pas inédites en soi. Ce sont même des classiques qui fonctionnent encore terriblement bien.

En premier lieu, on retrouve le phishing, qui reste la porte d’entrée numéro un. Un mail qui ressemble à s’y méprendre à celui de votre banque ou d’un fournisseur, un lien cliqué un peu vite entre deux réunions, et voilà l’accès à vos systèmes informatiques grand ouvert. C’est simple, c’est redoutable, et ça marche parce que ça mise sur l’erreur humaine et non sur la technique.

Il y a également le rançongiciel (ou ransomware pour les intimes), un logiciel malveillant qui chiffre vos données et exige une rançon pour vous les rendre. Plutôt sympa, non ? Certaines entreprises paient. D’autres perdent tout, purement et simplement.

Évidemment, on peut aussi citer les attaques qui ciblent le cloud mal configuré, l’usurpation d’identité, les intrusions via des terminaux ou appareils personnels mal sécurisés (le fameux ordinateur du salarié qui traîne sur un wifi public), ou les failles dans des logiciels obsolètes que personne n’a jamais pris le temps de mettre à jour.

Bref, le terrain de jeu des cybercriminels est large, et il ne demande qu’à s’étendre.

Quel est le coût d’une cyberattaque pour une entreprise ?

J’ai déjà abordé ce point dans cet article dédié aux coûts insoupçonnés des cyberattaques pour une entreprise, mais revenons dessus rapidement.

Le problème principal de la cyberattaque ? Il ne s’agit jamais d’un simple incident technique pouvant se régler en quelques heures. Généralement, c’est un choc qui touche toute l’entreprise, puisqu’il y a une perte des données sensibles, un arrêt potentiel de l’activité pendant plusieurs jours (parfois plusieurs semaines), des coûts de remise en état des systèmes, d’éventuelles obligations légales liées à la fuite d’informations personnelles, etc. Sans oublier qu’en toile de fond, il faut aussi gérer la confiance des clients qui s’effrite.

Et ce n’est pas être catastrophiste que de dire que, pour une petite structure, ce niveau de choc peut s’avérer fatal. En effet, une PME sur deux victime d’une attaque majeure connaît de sérieuses difficultés dans les mois qui suivent. Je ne dis pas ça pour vous faire peur (enfin, un peu quand même), mais pour vous montrer que le risque cyber n’est pas réservé aux grands groupes du secteur bancaire ou industriel.

Comment renforcer sa protection sans finir ruiné ?

Heureusement, vous n’avez pas besoin d’un budget de multinationales pour vous protéger correctement. Quelques mesures simples peuvent faire la différence.

Déjà, sensibilisez vos employés, car la majorité des incidents partent d’une erreur humaine. Or, un salarié qui sait reconnaître un mail de phishing vous enlève déjà une belle épine du pied.

De même, veillez à mettre à jour vos logiciels et systèmes aussi régulièrement que possible. Je sais, ce sont généralement les notifications que l’on repousse à demain. Pourtant, chaque mise à jour corrige le plus souvent des failles connues des cybercriminels.

Pensez également à sauvegarder vos données ailleurs que sur la machine principale, idéalement avec une solution cloud fiable et un stockage hors ligne en complément. Et dans le même registre, sécurisez tous vos accès avec des mots de passe robustes, une authentification à deux facteurs et une gestion stricte des droits sur vos outils numériques.

Bien entendu, faites-vous accompagner si vous pouvez vous le permettre, que ce soit par un prestataire spécialisé ou en vous appuyant sur les ressources proposées par l’ANSSI et Cybermalveillance.gouv.fr. Ce sont deux références solides pour évaluer votre niveau de risque et trouver des solutions adaptées à votre secteur d’activité.

Selon l’ANSSI / CERT-FR, citée par Connect3S, 831 intrusions avérées ont été traitées par l’ANSSI en 2025, contre 594 en 2024, soit une hausse de près de 40 % en un an.

Que faire si une attaque se produit quand même ?

Même si vous adoptez les bonnes pratiques susmentionnées, et que vous allez même au-delà, le risque zéro n’existe pas face à des criminels toujours mieux organisés.

C’est pour cette raison qu’il peut être utile d’avoir préparé, en amont, une petite procédure pour ce genre de situation. Il peut simplement s’agir de savoir qui prévenir, comment couper l’accès aux systèmes touchés, comment communiquer avec les clients si des informations ont fuité, etc.

Une chose est sûre, un incident bien géré dès les premières heures limite énormément la casse et les conséquences. Après tout, si vous avez des locaux professionnels, vous vous devez d’avoir un plan d’évacuation en cas d’incendie, même si vous espérez ne jamais vous en servir ! Eh bien, il en va de même pour les cyberattaques. Et croyez-moi, vous serez drôlement content de l’avoir le moment venu.

 

En bref, j’espère que vous avez saisi que la cybersécurité n’est pas un sujet réservé aux grandes entreprises dotées de services informatiques bien plus costauds que les vôtres. Si vous êtes une petite entreprise, c’est également un enjeu qui doit vous toucher. Face à des cybermenaces de plus en plus sophistiquées, il suffit de quelques mesures simples et d’un peu de vigilance au quotidien pour éviter le pire.

FAQ — Les questions fréquemment posées

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Ludivine RETOURNÉ
Entrepreneuse depuis 2007, je baigne depuis 18 ans dans le marketing digital (storytelling, copywriting, rédaction) et le référencement. Mais c’est en travaillant de nombreuses années pour des professionnels de la création d'entreprise que je suis devenue, sans m'en rendre compte, une encyclopédie de l'entrepreneuriat. Sur ce blog, je partage avec vous mes conseils et astuces, mais aussi mes observations, pour développer votre activité sans vous prendre la tête ! Retrouvez-moi sur Linkedin

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