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Société civile : quelles sont les différentes formes ?

Société civile : quelles sont les différentes formes ?

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Société civile : quelles sont les différentes formes ?

 

La société civile est une des formes sociales les plus prisées en France mais également les plus courantes, grâce à sa variante la plus connue : la SCI (société civile immobilière). Pourtant, les sociétés civiles sont loin de se limiter à cet unique régime juridique. D’autres formes sont également moins connues mais également très répandues : la SCP (société civile professionnelle), la SCCV (société civile de construction vente), la SCEA (société civile d’exploitation agricole) et dans une moindre mesure la société civile de portefeuille.

Afin de vous aider à voir plus clair sur ce régime juridique bien méconnu, nous vous proposons à travers cet article de faire le tour de la société civile, et de ses différentes formes.

 

La société civile : de quoi s’agit-il exactement ?

Le droit des sociétés permet de classer les régimes juridiques en deux catégories : les sociétés commerciales et les sociétés civiles, davantage répandues pour l’immobilier et les professions libérales ou intellectuelles (avocat…). La société civile a un objet social qui est lui-même civil qui délimite son activité en écartant toute activité commerciale. C’est notamment pour cela que la SCI ne peut avoir pour objet d’exercer une activité commerciale par nature, comme par exemple la location meublée ou l’activité de marchand de biens.

Une société commerciale à l’inverse a pour seul et unique but d’exercer une activité industrielle ou commerciale rentrant dans le cadre des bénéfices industriels ou commerciaux.

L’intérêt majeur de cette distinction est surtout fiscal. En effet, les sociétés civiles sont assujetties par principe à l’impôt sur le revenu. Autrement dit, les bénéfices sont imposés directement au titre des revenus des associés selon le barème progressif et personnalisé. A l’inverse, les sociétés commerciales sont pour leur part par principe imposées au titre de l’impôt sur les sociétés. Un impôt qui est de son côté forfaitisé à 33,33% à partir de 500 000€ de chiffre d’affaires, mais avec des tranches inférieures à 15 et 28%.

 

A noter : par exception, une société civile peut dans certains cas bénéficier d’une option en faveur de l’impôt sur les sociétés. Option qui est alors généralement irrévocable : attention à bien réfléchir avant de choisir le régime fiscal, notamment sur le long terme !

 

La SCI (société civile immobilière)

Il s’agit de très loin de la forme la plus connue et la plus répandue en France, représentant près d’un tiers de l’ensemble des sociétés immatriculées chaque année d’après les statistiques de l’INSEE.

La grande majorité des SCI sont créées dans un but purement patrimonial et servent comme outil de gestion et de transmission du patrimoine immobilier familial. Il s’agit de gérer, acquérir ou mettre en location (location nue, seule considérée comme non commerciale) les biens indirectement détenus par les associés à travers la SCI. Elle peut d’ailleurs constituer une SCI dite familiale (voir notre article à ce sujet), imposant alors que les associés soient issus de la même famille, par alliance ou par filiation directe. Un régime spécifique qui offre des avantages en matière de fiscalité et de transmission des parts sociales entre associés de la même famille.

La SCI ne peut exercer d’activité commerciale comme par exemple l’achat et revente de biens immobiliers en tant que marchand de bien. Son principal inconvénient est d’exposer les associés en cas de difficulté de la société : ils sont alors indéfiniment responsables de leurs dettes sur leurs biens personnels.

La SCI est constituée d’au moins 2 associés et est administrée par un gérant bénévole ou rémunéré. Enfin, elle peut bénéficier d’un capital variable. Dans ce cas, les dispositions statutaires prévoient un seuil plancher et plafond à l’intérieur duquel le capital peut varier librement sans nécessiter de modification des statuts.

 

La SCCV (société civile de construction vente)

Il s’agit d’une autre forme de société civile très répandue mais pourtant peu connue du grand public. Et pourtant, lorsque l’on signe un achat de bien immobilier neuf, cela se fait bien souvent dans le cadre d’un contrat en VEFA (vente en l’état futur d’achèvement) signé avec… une SCCV détenue par le promoteur. En effet, la SCCV peut être contrôlée par deux associés dont l’un au moins est une personne morale dans le cadre d’un montage de type holding.

Les spécificités de la SCCV tiennent non seulement du fait qu’elles peuvent exercer une activité commerciale par nature, mais également qu’elles voient leur objet social très précisément défini. Ce qui entraîne généralement une durée de vie relativement faible pour ce type de société, constituée uniquement le temps d’une construction et vente de lots : une fois la construction achevée et l’ensemble des lots vendus, la SCCV a réalisé son objet social et est alors dissoute de plein droit. Le principe est donc ici d’acquérir du foncier, de construire et commercialiser des biens immobiliers afin de réaliser une plus-value distribuée aux associés (personnes physiques ou morales).

Bien qu’exerçant une activité commerciale, la SCCV bénéficie d’un régime spécifique qui lui permet d’être considérée comme une société civile et ainsi de profiter des avantages issus de ce statut.

 

La SCP (société civile professionnelle)

Très couramment utilisée par les cabinets d’avocat, médecins ou autres notaires, les SCP sont constituées par un regroupement de personnes physiques exerçant une même activité libérale réglementée. L’accès à ce type de régime étant strictement limité aux professions réglementées, il n’est pas adapté à de nombreux cas et de nombreuses activités professionnelles.

La constitution d’une SCP s’effectue impérativement entre 2 associés personnes physiques uniquement mais n’exige aucun capital social minimal. Un capital très souple, qui peut d’ailleurs être apporté en numéraire, mais également en nature ou en industrie. Comme pour toutes les formes de sociétés civiles, la responsabilité des associés est ici illimitée ce qui en fait un régime relativement peu protecteur.

 

Les autres formes juridiques de sociétés civiles

La société civile de portefeuille est une variante de société directement dérivé de la SCI à ceci près qu’elle ne peut agir que dans la gestion de titres et valeurs mobilières, et non dans un patrimoine immobilier. Son seul et unique but est alors de gérer ce portefeuille afin de le rentabiliser et le faire fructifier du mieux possible, en répartissant les bénéfices aux différents associés selon leur participation au capital social.

Egalement issue de la SCI, la société civile immobilière d’attribution prévoit un objet social consistant à acquérir ou construire des biens immobiliers en vue de les diviser et d’en démembrer la propriété en nue-propriété, jouissance ou pleine propriété afin de les répartir entre les associés. 

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