Vous avez déjà une activité principale, un emploi salarié, une société en votre nom ou même une entreprise, et pourtant, l’envie de lancer une nouvelle activité secondaire vous chatouille ? Peut-être est-ce pour tester une idée, compléter vos revenus ou simplement parce que vous avez une passion que vous voulez professionnaliser ?
Si c’est le cas, vous vous demandez sûrement quel statut juridique choisir pour cette activité secondaire. Est-ce que vous devez créer une nouvelle entreprise ou modifier vos statuts actuels ? Est-ce que cela change votre régime social et vos cotisations ?
Désolée de ne pas pouvoir vous répondre facilement, mais il n’y a pas de réponse unique. Plusieurs choix peuvent être adaptés en fonction de votre situation. Tâchons d’y voir plus clair.
Débuter une activité secondaire : le cadre juridique compte
Si vous démarrez une activité secondaire, vous vous lancez dans un jeu d’équilibriste. Vous allez devoir gérer une pluriactivité, souvent en parallèle d’un travail salarié ou d’une autre entreprise. En d’autres termes, cela implique de jongler entre les contraintes, les envies, le temps et les obligations. Ce que vous choisissez comme statut juridique peut donc vous ajouter un peu plus de poids, notamment à cause des formalités liées à votre fiscalité, votre protection sociale, vos obligations de déclaration et vos cotisations sociales.
Trop souvent, je vois de jeunes entrepreneurs lancer une activité pour « tester », sans se poser les bonnes questions. Pourtant, dès que vous encaissez un revenu, vous êtes censé déclarer cette activité. Et vous devez surtout le faire dans les règles de l’art ! En cas de contrôle, un oubli ou une erreur peut coûter très cher. Si vous commencez à faire du chiffre d’affaires, mieux vaut que tout soit propre dès le départ.
Et puis, on ne sait jamais, votre activité secondaire peut devenir votre activité principale un jour ou l’autre. D’où l’intérêt de choisir un statut juridique ou un régime qui vous laisse cette porte ouverte.
Le régime de la micro-entreprise : le choix simple
Si vous cherchez une solution souple et rapide pour démarrer, la micro-entreprise est probablement le statut le plus utilisé par les entrepreneurs qui ont une activité secondaire, même si vous dirigez une autre société à côté. Sa création se fait très facilement en ligne et en quelques clics, sa gestion est allégée, et surtout elle bénéficie d’une fiscalité simplifiée. Vous déclarez votre chiffre d’affaires chaque mois ou chaque trimestre, vous payez vos cotisations sociales en fonction de vos revenus, et vous bénéficiez du régime micro-fiscal.
Mais attention, ce régime a ses limites.
En premier lieu, vous ne pouvez pas dépasser un certain seuil de chiffre d’affaires annuel. Pour 2025, le plafond est de 77 700 € pour les activités de services et 188 700 € pour la vente de marchandises, en sachant que celui-ci cumule l’ensemble de vos activités si vous en avez plusieurs sous ce même statut.
De même, vous n’avez pas de séparation entre votre patrimoine personnel et professionnel. En cas de problème, c’est donc vous que les créanciers viendront chercher. Il va sans dire que ce n’est pas idéal, surtout si vous avez déjà une autre activité professionnelle à protéger.
Et puis, avec la micro-entreprise, vous êtes imposé sur votre chiffre, non sur votre résultat net. Même si vous avez beaucoup de frais, vous paierez des cotisations sociales sur l’ensemble de ce que vous facturez.
Si ce statut juridique reste un excellent choix pour tester une activité, proposer des prestations de services ou compléter un revenu salarié, ce ne sera pas forcément durable si votre activité secondaire prend de l’ampleur. À vous de juger en fonction de votre projet !

Beaucoup d’entrepreneurs développent leur activité secondaire en dehors des horaires classiques, en jonglant entre deux univers professionnels.
Exercer une activité secondaire avec une société quand l’enjeu est sérieux
Vous pouvez aussi choisir de créer une société (SASU, EURL, SAS, etc.) pour votre activité secondaire. Bien sûr, c’est plus complexe, mais c’est parfois le seul choix à faire, en particulier si vous avez une vraie ambition de développement.
Créer une société vous permet de séparer votre activité secondaire de votre activité principale, de protéger votre patrimoine et de correctement structurer les choses dès le début. De plus, vous pouvez opter pour différents régimes fiscaux (impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés) selon ce qui est le plus avantageux pour vous.
Bien entendu, ce choix implique des formalités de création plus lourdes (déclaration d’activité, rédaction des statuts, etc.), sans parler des obligations comptables, administratives et fiscales. Vous devrez aussi faire des modifications en cas d’adjonction d’activité ou de changement de statut juridique. En bref, une véritable entreprise avec toutes les démarches inhérentes à celle-ci. L’avantage, c’est que dans ce cas de figure, vous gagnez en crédibilité et en sécurité.
D’expérience, c’est l’option que je vous conseille si votre activité secondaire vous expose à des risques, si vous vendez des produits ou services à forte valeur, ou si vous prévoyez d’avoir des partenaires ou des investissements dans un futur proche (ou moins proche, mais au moins en projet).
Vous avez déjà une entreprise ? Pensez à l’adjonction d’activité
Si vous êtes déjà entrepreneur et que vous avez une entreprise existante, vous pouvez aussi tout simplement choisir de déclarer votre nouvelle activité en tant qu’adjonction d’activité. Ce mécanisme est idéal puisqu’il vous évite de créer une nouvelle entreprise. Il vous suffit d’ajouter un nouvel objet à vos statuts existants.
Et si vous êtes déjà auto-entrepreneur en prestations de services et que vous voulez tester une activité de vente, vous pouvez l’ajouter via une modification de votre dossier auprès du guichet unique. Mais attention, comme nous l’avons vu précédemment, vos plafonds de chiffre d’affaires sont communs à l’ensemble de vos activités. Et au cas où, pensez à vérifier que votre activité secondaire est compatible avec votre activité principale d’un point de vue social, fiscal et juridique (professions réglementées, etc.).
Bon à savoir : Certaines activités ne peuvent pas se cumuler dans un même statut ou nécessitent des autorisations spécifiques. Soyez vigilant.
Tout cela pour dire que lancer une activité secondaire, c’est une belle aventure. Mais comme tout parcours entrepreneurial, ce projet mérite une vraie réflexion sur le statut juridique le plus adapté. Que vous choisissiez la micro-entreprise, un statut de société ou l’adjonction d’activité si votre cas s’y prête, chaque option a ses forces, ses limites et des impacts sur votre gestion, votre fiscalité et votre protection sociale. Mon conseil ? Prenez le temps de poser les bases avant de vous lancer. Vous éviterez bien des galères, en ligne ou hors ligne, et vous vous laisserez toute la liberté d’évoluer à votre rythme, selon vos ambitions.