Quels sont les avantages et les inconvénients de la SAS ?

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La SAS a tout pour plaire ! Une grande liberté dans la rédaction des statuts, une responsabilité limitée au montant des apports, un président assimilé salarié et des dividendes qui échappent aux cotisations sociales. Mais cette souplesse a un prix, à commencer par des charges élevées sur la rémunération du dirigeant, aucune assurance chômage et des statuts à rédiger avec le plus grand soin. Idéale pour un projet ambitieux, la SAS exige tout de même de savoir où vous mettez les pieds.
Toutefois, cette forme sociale présente également quelques inconvénients qu'il convient d'avoir à l'esprit avant de se lancer.

S’il existait un palmarès des formes juridiques, la SAS occuperait la première marche du podium depuis des années. En effet, les créateurs l’adorent, les investisseurs la réclament, et même les plus petits projets se laissent séduire par la SASU, sa petite sœur à associé unique.

Et cet engouement est justifié ! Mais comme toutes les stars, la société par actions simplifiée a aussi ses caprices, et certains peuvent coûter cher à son dirigeant. Alors, avant de vous lancer dans la création de votre entreprise, mieux vaut peser ses avantages et ses inconvénients en toute connaissance de cause.

La SAS, comment ça marche ?

Comme toutes les sociétés commerciales, la SAS est une personne morale distincte de ses associés (en sachant qu’elle peut en compter un seul ou plusieurs). Les actionnaires détiennent des actions en contrepartie de leurs apports, et le capital social est librement fixé dans les statuts, sans minimum légal (un euro suffit, même si ce n’est pas toujours une bonne idée). À côté de ça, la loi n’impose qu’un seul organe de direction, à savoir le président, qui peut être une personne physique ou une société.

Pour le reste, c’est à vous d’écrire les règles du jeu, de la rédaction des statuts jusqu’à la création effective de la société, lors de son immatriculation.

Selon son rapport sur les créations de sociétés selon la forme juridique, l’INSEE déclare qu’en 2025, 210 418 SAS ont été créées en France, soit près de 7 créations de sociétés sur 10 (69,8 %).

Quels sont les avantages de la SAS ?

Si le statut de la SAS est tant aimé, ce n’est évidemment pas pour rien.

Une grande liberté statutaire

Le principal avantage de la SAS est sans conteste sa souplesse. Le Code de commerce laisse en effet une grande liberté aux associés pour organiser le fonctionnement de la société (nomination d’un directeur général, règles de majorité, droit de vote, actions de préférence, clause d’agrément ou d’inaliénabilité, etc.). Vous avez ainsi la possibilité de bâtir une gouvernance sur mesure, ce qui facilite l’entrée d’investisseurs.

Une responsabilité limitée aux apports

Comme dans une SARL, la responsabilité des actionnaires est limitée au montant de leurs apports. Si votre entreprise rencontre des difficultés, votre patrimoine personnel est en principe protégé, sauf faute de gestion ou caution personnelle accordée à la banque (ce qui arrive plus souvent qu’on ne le croit).

Un président assimilé salarié

S’il est rémunéré, le président relève du régime social des salariés, c’est-à-dire du régime général de la Sécurité sociale, comme n’importe quel salarié (assurance maladie, retraite de base et complémentaire, prévoyance). C’est une protection bien plus complète que celle d’un travailleur indépendant.

Des dividendes sans cotisations sociales

Les dividendes d’une SAS ne supportent pas de cotisations sociales, contrairement à ceux du gérant majoritaire de SARL au-delà d’un certain seuil. Leur imposition se limite à l’impôt sur le revenu (ou au prélèvement forfaitaire unique) et aux prélèvements sociaux. Ajoutez à cela une cession d’actions taxée à seulement 0,1 %, et vous comprendrez pourquoi la SAS séduit autant.

Quels sont les inconvénients de la SAS ?

Mais toutes les bonnes choses ont leurs limites, et la SAS ne fait pas exception.

Un statut social coûteux pour le dirigeant

La superbe protection procurée par la SAS a un coût. En effet, les cotisations du président représentent environ 75 à 82 % de sa rémunération nette, contre 40 à 45 % pour un gérant majoritaire de SARL. Et malgré tout, il n’y a pas d’assurance chômage en cas de coup dur. Le président ne touchera rien de France Travail.

Des statuts à rédiger avec soin

La liberté statutaire est une arme à double tranchant. Effectivement, là où la SARL est très encadrée par la loi, la SAS repose presque entièrement sur ses statuts. Or, leur rédaction exige du temps, de la rigueur et bien souvent l’avis d’un professionnel. Je préfère vous le dire tout de suite, des statuts recopiés à la va-vite depuis une source en ligne peuvent réserver de mauvaises surprises le jour où les associés ne sont plus d’accord.

Une fiscalité des dividendes alourdie en 2026

Depuis le 1er janvier 2026, la hausse de la CSG sur les revenus du capital porte le prélèvement forfaitaire unique à 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux). Par conséquent, même si le régime fiscal des dividendes reste intéressant, il l’est un peu moins qu’avant.

Quelques contraintes de plus

Dans une SAS, le conjoint du président ne peut pas opter pour le statut de conjoint collaborateur. Il doit être salarié ou associé. La société doit aussi désigner un commissaire aux comptes si elle dépasse, durant deux exercices de suite, deux des trois seuils suivants :

  • 5 millions d’euros de bilan ;
  • 10 millions d’euros de chiffre d’affaires ;
  • 50 salariés.

Rassurez-vous, cette limite est loin du quotidien de la plupart des créateurs.

 

En bref, la SAS doit son succès à sa souplesse, à la protection de ses actionnaires et au statut assimilé salarié de son président. Mais ces avantages se paient avec des cotisations sociales élevées, l’absence d’une assurance chômage, des statuts exigeants et une fiscalité des dividendes un peu plus lourde depuis 2026. Pour ma part, je trouve que la SAS est un excellent choix pour un projet qui a vocation à grandir, à condition de prendre le temps de rédiger des statuts qui vous ressemblent… et de bien faire vos calculs avant de fixer votre rémunération.

FAQ — Les questions fréquemment posées

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Ludivine RETOURNÉ
Entrepreneuse depuis 2007, je baigne depuis 18 ans dans le marketing digital (storytelling, copywriting, rédaction) et le référencement. Mais c’est en travaillant de nombreuses années pour des professionnels de la création d'entreprise que je suis devenue, sans m'en rendre compte, une encyclopédie de l'entrepreneuriat. Sur ce blog, je partage avec vous mes conseils et astuces, mais aussi mes observations, pour développer votre activité sans vous prendre la tête ! Retrouvez-moi sur Linkedin

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