Comment créer une SCI familiale ?

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Vous rêvez d’acheter, de gérer ou de transmettre un bien immobilier à votre famille, sans les prises de tête de l’indivision ? Pour créer une SCI familiale, il vous faut au moins deux associés, des statuts sur mesure (objet social, gérant, répartition des parts), un capital social, une annonce légale en bonne et due forme, et un dossier d’immatriculation rempli et déposé comme il se doit.

Acheter une maison de vacances avec vos enfants, préparer la transmission de votre patrimoine immobilier ou louer un appartement en famille, sur le papier, tout le monde est souvent d’accord. Puis vient le jour où il faut décider de changer la chaudière, et là, les repas de famille prennent une tournure nettement moins conviviale.

C’est précisément pour éviter ce genre de scénario que la SCI familiale est si appréciée. Cette société civile immobilière permet en effet d’organiser la gestion d’un bien à plusieurs, de faciliter sa transmission aux enfants et d’échapper aux blocages de l’indivision.

SCI familiale : de quoi parle-t-on ?

Contrairement à ce que son nom laisse penser, la SCI familiale n’a pas de statut juridique particulier. C’est une société civile immobilière classique, régie par le Code civil, dont les associés sont membres d’une même famille (parents, enfants, conjoints, frères et sœurs). Son objet est civil, et non commercial comme celui d’une entreprise classique, ce qui implique qu’elle peut seulement acquérir, gérer et louer (en location nue) un patrimoine immobilier, puis le transmettre.

Les avantages de la SCI familiale sont évidemment nombreux.

D’abord, elle vous protège des règles de l’indivision, où chacun peut exiger la vente du bien à tout moment. Ensuite, la gestion est confiée à un gérant, qui agit sans réunir toute la famille pour la moindre facture. Enfin, elle facilite la transmission de votre patrimoine, puisque vous pouvez progressivement donner des parts sociales à vos enfants, plutôt que des morceaux de maison (ce qui serait, avouons-le, assez peu pratique). En contrepartie, chaque associé répond des dettes de la société, à proportion de ses parts.

Selon le bilan 2025 d’Infogreffe publié en janvier 2026, 81 425 sociétés civiles immobilières (SCI) ont été immatriculées en France, soit une hausse de 16,7 % en un an.

Étape 1 : rédigez des statuts sur mesure

Comme pour n’importe quelle société, les statuts sont le cœur de votre SCI familiale. Ils fixent sa dénomination, son siège social, son objet, sa durée, le montant du capital et la répartition des parts entre les associés. Ils désignent aussi le gérant (souvent l’un des parents), précisent ses pouvoirs de gestion, la durée de sa fonction et son éventuelle rémunération.

Inutile de dire qu’il faut donc soigner les règles de décision. Par exemple, quelle majorité pour vendre un bien, emprunter ou révoquer le gérant ? Et ne faites pas l’impasse sur la clause d’agrément, qui soumet l’entrée d’un nouvel associé à l’accord des autres. Croyez-moi, elle vous évitera de partager vos assemblées générales avec l’ex-conjoint de votre fils.

Bien entendu, vous pouvez rédiger les statuts vous-même, passer par un service en ligne ou confier leur rédaction à un professionnel (avocat ou notaire), même si ces derniers facturent environ 1 500 à 2 500 €.

Dès qu’ils sont prêts, il ne reste plus qu’à les faire signer par tous les associés, sous la forme d’un acte sous signature privée ou d’un acte notarié.

Étape 2 : constituez le capital social

En matière de capital social, aucun montant minimum n’est imposé pour la création d’une SCI, et vous pouvez vous contenter d’un capital de 1 €, même si une somme plus étoffée rassure davantage votre banquier.

Lors de la constitution, le capital est formé par les apports des associés, qui reçoivent des parts sociales en échange. Lesdits apports peuvent être de l’argent (apport en numéraire) ou des biens immobiliers (apport en nature), comme la maison familiale. Attention, dans ce dernier cas, l’apport passe obligatoirement par un acte notarié, avec les frais qui vont avec.

Contrairement à une SARL ou à une SAS, la SCI n’est pas tenue de procéder au dépôt du capital sur un compte bloqué. Néanmoins, je pense qu’il vaut mieux ouvrir un compte bancaire au nom de la société, et ce, pour éviter de mélanger les loyers de la SCI avec vos courses du samedi.

Enfin, si la société doit acheter un bien, les associés peuvent aussi lui prêter des fonds en compte courant d’associé, une solution plus souple qu’un capital élevé.

Étape 3 : publiez l’annonce légale et immatriculez la SCI

Avant l’immatriculation, vous devez publier un avis de constitution dans un journal habilité à recevoir les annonces légales du département du siège. En 2026, cette étape de la création vous coûte un forfait de 191 € HT en métropole. L’annonce légale reprend notamment la dénomination, l’objet, le capital, l’adresse du siège et le nom du gérant.

Vient ensuite le dépôt du dossier d’immatriculation, en ligne, sur le guichet unique des formalités des entreprises. Il doit comprendre les statuts signés, l’attestation de parution de l’annonce, un justificatif de domiciliation du siège, les pièces relatives au gérant et la déclaration des bénéficiaires effectifs. En ce qui concerne les frais, comptez environ 60,38 € de frais de greffe, plus 19,33 € pour cette déclaration.

Une fois le dossier validé, le greffe vous délivre l’extrait Kbis. À partir de ce moment-là, votre SCI familiale existe officiellement et dispose de sa propre personnalité juridique.

Impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés ?

Par défaut, la SCI familiale relève de l’impôt sur le revenu. Elle est dite « transparente », c’est-à-dire que chaque associé déclare sa quote-part des revenus fonciers, tandis que la société dépose chaque année une déclaration n° 2072. Et bonne nouvelle au passage, la hausse de CSG votée pour 2026 ne concerne pas les revenus fonciers, qui restent soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux.

Vous pouvez aussi opter pour l’impôt sur les sociétés, qui permet d’amortir le bien et de déduire davantage de charges. Mais attention, cette option se paie souvent au moment de la revente, car la plus-value est alors calculée sur la valeur amortie du bien. Certes, elle reste révocable jusqu’à la cinquième année suivant la mise en place de l’option, mais elle devient définitive passé ce délai.

Dans une logique de transmission familiale de votre patrimoine sur le long terme, l’impôt sur le revenu reste généralement le choix le plus cohérent. Mais chaque projet est différent, alors faites vos calculs.

 

En bref, créer une SCI familiale n’a rien d’insurmontable. Il s’agit seulement de rédiger des statuts, de réunir un capital suffisant, de publier une annonce légale et de déposer un dossier d’immatriculation en ligne. Bien sûr, c’est dans les statuts de la société que tout se décide, de la gestion au quotidien à la transmission aux enfants. C’est pour cette raison que je vous invite à prendre le temps de les penser en famille, et si possible avec un professionnel.

FAQ — Les questions fréquemment posées

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Ludivine RETOURNÉ
Entrepreneuse depuis 2007, je baigne depuis 18 ans dans le marketing digital (storytelling, copywriting, rédaction) et le référencement. Mais c’est en travaillant de nombreuses années pour des professionnels de la création d'entreprise que je suis devenue, sans m'en rendre compte, une encyclopédie de l'entrepreneuriat. Sur ce blog, je partage avec vous mes conseils et astuces, mais aussi mes observations, pour développer votre activité sans vous prendre la tête ! Retrouvez-moi sur Linkedin

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